La réconciliation commence par soi-même


Le 24 octobre dernier, l’Archidiocèse de Saint-Boniface invitait la communauté à réfléchir ensemble sur la réconciliation. Lisa Raven, directrice générale de l’organisme Returning to Spirit, était l’une des animatrices d’atelier et modératrice de conversation.

« La réconciliation est une collection de pratiques et de conversations qui se développent avec le temps.» dit Raven. Organisateur de l’événement Gerry Labossière dit « Pour moi, ce qui est le plus important et la raison qu’on voulait développer ce projet, c’était pour commencer à développer des relations. C’est d’être inclusif et  commencer à développer une compréhension du passé, apprendre les enseignements traditionnelles, apprécier le fait, qu’au cœur nous avons beaucoup en commun.»

Lors de la conversation, une multitude d’opportunités de réconciliation ont été évoquées : par le canotage, par l’éducation, par la langue ou encore par la recherche de différentes perspectives. Lisa Raven s’en réjouit : « Ça a permis de mettre en évidence que la réconciliation, ce n’est pas juste une chose. C’est une multitude de choses, d’actes possibles. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire. L’important, c’est de s’engager sincèrement et de mettre la construction de la relation au centre. »

Elle ajoute que « la réconciliation est souvent vue comme une destination, mais c’est plutôt un voyage. Il peut y avoir des détours, et c’est normal. Le chemin est toujours là, il faut juste revenir dessus ».

Selon la modératrice, elle-même de la Première nation de Hollow Water au Manitoba, la conversation à la Cathédrale de Saint-Boniface a été « constructive ». Elle précise : « Chaque fois qu’un forum est créé où les différents points de vue ont l’opportunité d’être entendus, c’est un progrès. »

Elle a également profité de cette journée pour élargir le thème de la réconciliation.

« L’idée était de montrer que les principes de Returning to Spirit peuvent s’appliquer à n’importe qui, dans n’importe quelle situation de conflit. Ce n’est pas quelque chose de spécifiquement autochtone, c’est humain. Personne ne peut se réconcilier avec autrui sans être en paix avec soi-même, sans colère ou contrariété dans le cœur. »

Et pour bien illustrer cela, Lisa Raven n’était pas la seule à raconter son histoire de réconciliation. La nouvelle arrivante Brenda Arakaza et le Franco-Manitobain Gérry Labossière ont également partagé leurs expériences de réconciliation.

Lisa Raven termine : « Toutes ces différentes histoires venues de personnes avec différents profils, ça a permis de connecter tout le monde à l’idée de réconciliation. À la fin de la journée, le public est reparti en se disant La réconciliation, c’est pour moi aussi. »