Veuillez noter tous ateliers du projet compassion seront suspendus. Avec l’évolution des recommandations de la pandémie sur la distance sociale, nous voulons prendre toutes précautions pour assurer la santé et le bien-être de tous.

Nous sommes désolés pour cette perturbation et nous allons trouver un autre temps pour ces ateliers.

Un café avec Katarina- COVID-19

Bienvenue à ce café en distanciation physique avec Katarina, une discussion portant sur Covid-19. Katarina Lee-Ameduri est éthicienne Clinique à l’Hôpital de Saint-Boniface ainsi que pour la Corporation catholique de la santé du Manitoba. Elle est aussi professeure adjointe au département de médecine familiale à l’Université du Manitoba.

Alors que les temps sont incertains et difficiles, vous pouvez contacter Katarina avec vos questions éthiques. Ses coordonnées sont les suivantes : klee13@sbgh.mb.ca ou bien par cellulaire 204-794-2511

À l’heure actuelle, nous n’avons que très peu de données au sujet de cette pandémie sans précédent qu’a créée le Covid-19. Sans recherche exhaustive, il est donc ardu de mettre en place des politiques. Nous avons tous entendu parler de l’importance d’aplatir la courbe afin de permettre aux hôpitaux de pouvoir composer avec la demande et d’offrir des services à ceux qui en ont besoin. Les médias ainsi que nos gouvernements ont abordé à maintes reprises la question de l’importance des ventilateurs. Comment les processus de triages sont-ils effectués ?

La manière dont nous distribuons les ventilateurs lorsque la demande dépasse l’offre remonte à la crise du H1N1. À l’époque, le  New York State  Department of Health and the New York State Task Force on Life and the Law un document qui déterminait la manière d’identifier les priorités en ce qui a trait à l’équipement médical essentiel en cas de pénurie durant une crise sanitaire mondiale, comme une pandémie.  Vous pouvez la lire ici https://www.health.ny.gov/regulations/task_force/reports_publications/docs/ventilator_guidelines.pdf

Voici quelques principes importants stipulés dans ce document :

  • Qui est exclu ? Par exemple, une personne qui est en phase terminale et qui n’a que peu de chances de survivre, même avec l’aide d’un ventilateur.
  • Réciprocité: Est-ce qu’une personne susceptible de contribuer « davantage » à la société après leur rétablissement, tel qu’un travailleur de la santé, devrait avoir accès à un ventilateur avant une autre personne ? Durant la crise du H1N1, le cycle était bien plus court, et les chances de voir un travailleur de la santé infecté, rétabli et de retour au travail était faible. Mais dans le cas de Covid-19, les chances sont plus grandes. Choisir qui contribuera « davantage » à la société une fois rétabli mérite d’être débattue.

Il y a quelques recommandations dans le document qui peuvent être utiles dans le triage et la distribution des ventilateurs et autres équipements médicaux essentiels.

Un système de loterie– toute personne qui en a besoin est inscrite à la loterie et la sélection est aléatoire. Si tous les autres facteurs sont égaux et que sept personnes ont besoin d’un ventilateur, cinq seront sélectionnées de manière aléatoire.

Premier arrivé, premier servi– si vous arrivez en premier à l’hôpital, vous recevrez le ventilateur en premier. Par exemple, si sept personnes arrivent en même temps, cinq d’entre elles recevront un ventilateur et deux n’en recevront pas.

Âge du patient– le patient recevra un ventilateur, selon son âge, par exemple une personne de 40 ans en recevrait un avant une personne de 50 ans. Ce processus mène souvent à des débats car la santé d’une personne n’est pas nécessairement liée à son âge, et vice-versa. Une personne de 50 ans sans problèmes de santé et une personne de 40 ans avec de nombreux problèmes de santé peuvent être de bons exemples à débattre.

Il y a aussi eu des discussions au sujet de la création d’un questionnaire de triage pour les personnes cherchant à obtenir des soins de santé des suites de Covid-19, tout particulièrement en lien avec les besoins d’un ventilateur. Par exemple : faites-vous de l’exercice ?

Mais encore une fois, cela peut ne pas avoir d’incidences sur la santé de la personne, car elle pourrait avoir d’autres mauvaises habitudes.

Comme vous le voyez, il y a des nombreux débats possibles et manières de voir les choses.

Heureusement, jusqu’à maintenant au Manitoba, nous n’avons pas eu à prendre ce genre de décisions difficiles. En maintenant les pratiques pour aplatir la courbe et en évitant de surmener le système de santé, nous pourrons les éviter.

Bien que cette pandémie cause bien des problèmes, elle nous a aussi donné l’occasion, à la province, d’évaluer nos besoins futurs en ce qui a trait aux ventilateurs, des machines ECMO et autres appareils qui peuvent sauver des vies.

Les bonnes pratiques entourant l’équipement protecteur personnel sont aussi en pleine évolution. Pourriez-vous nous offrir votre point de vue à ce sujet ?

Les centres de santé ont la responsabilité éthique de protéger son personnel, ce qui inclut l’accès à l’équipement protecteur personnel. Le problème dans ce cas-ci, c’est que les bonnes pratiques entourant leur utilisant changent constamment alors qu’on en apprend davantage au sujet du virus, tout en tentant de gérer les réserves de matériel.

À mon avis, il faut privilégier l’utilisation sécuritaire d’une plus petite quantité d’équipement. Par exemple, une personne responsable de nettoyer un couloir ne devrait pas porter un ensemble de protection complet. Mais une personne responsable d’intuber un patient devrait avoir accès à tout l’équipement nécessaire.

Et bien sûr, certaines situations mènent à des questions telles que, qu’arrive-t-il si je n’ai pas l’équipement protecteur personnel recommandé ? Suis-je tout de même obligé de travailler ? La plupart des professions de la santé, tel qu’en soins infirmiers et en médecine, ont un code d’éthique qui aborde ces questions. Mais la décision relève de l’individu.

Une autre question qui mérite notre attention:  

Certains travailleurs de la santé qui ont des compétences données sont-ils dans une situation vulnérable, tels que des problèmes de santé, de jeunes enfants, des parents âgés ? Si tel est le cas, peut-on déterminer quels travailleurs de la santé assumeront des postes présentant des risques ? Heureusement, au Manitoba nous n’avons pas fait face à une pénurie d’équipement protecteur personnel ou encore un afflux important de cas dans les hôpitaux. Mais à New York, par exemple, ces réflexions relèvent du quotidien.

En terminant, certains travailleurs de la santé se sont procurés et utilisent leurs propres équipements protecteurs personnels. S’ils respectent les standards et qu’ils ne les empêchent pas de travailler, l’enjeu ne soulève pas de problèmes éthiques.

Cette pandémie est tragique et je tiens à remercier tous ceux et celles qui travaillent dans la bataille contre COVID-19.  

Katarina travaille à distance, elle est disponible par courriel et téléphone en tout temps :  klee13@sbgh.mb.ca ou 204-794-2511